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    <title>écriture &amp;mdash; Zéro Janvier</title>
    <link>https://blog.zerojanvier.fr/tag:écriture</link>
    <description>Chroniques d&#39;un terrien en détresse - Le blog personnel de &lt;a rel=&#34;me&#34; href=&#34;https://diaspodon.fr/@zerojanvier&#34;&gt;Zéro Janvier&lt;/a&gt;</description>
    <pubDate>Thu, 14 May 2026 14:05:17 +0000</pubDate>
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      <title>écriture &amp;mdash; Zéro Janvier</title>
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      <title>L&#39;envol</title>
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      <description>&lt;![CDATA[Un dernier texte court retrouvé dans mes archives, en espérant pouvoir vous proposer prochainement d&#39;autres textes plus récents.&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;J’ai reçu sa lettre hier. J’ai pris le courrier dans la boite aux lettres machinalement, comme tous les soirs. J’ai commencé à regarder chaque enveloppe une par une en montant l’escalier. Entre deux prospectus pour les hypermarchés du coin et la facture de mon téléphone portable, il y avait sa lettre. J’ai tout de suite reconnu son écriture sur l’enveloppe.&#xA;&#xA;David était dans la même classe que moi au lycée, de la seconde jusqu’en terminale. Nous avions d’abord été de bons copains, on s’entendait bien, on discutait ensemble de temps en temps. Nous nous sommes rapprochés vers la fin de notre année de première, pendant les révisions du bac français. Nous avions révisé ensemble, nous sommes devenus amis. En terminale, il y eut des périodes où nous étions inséparables, et d’autres où nous étions en froid après des disputes banales sur des sujets sans importance.&#xA;&#xA;À cette époque, je n’avais pas encore mis un nom sur ce que je ressentais pour lui, sur ce qui me poussait vers lui et parfois me le faisait haïr.&#xA;&#xA;Aujourd’hui, je sais que j’étais amoureux de lui.&#xA;&#xA;---&#xA;&#xA;J’ai relu sa lettre une bonne dizaine de fois depuis hier soir. Il dit qu’il regrette l’époque du lycée, notre amitié. Il souhaite me revoir, il voudrait me parler de quelque chose d’important.&#xA;&#xA;Il m’a donné dans sa lettre plusieurs moyens de le joindre. J’ai choisi de lui écrire un mail : c’est rapide, et cela m’évite l’angoisse d’un coup de téléphone. Je lui ai dit que cela me ferait plaisir de le revoir, je lui ai donné mon numéro de portable pour qu’il m’appelle et qu’on convienne d’un rendez-vous.&#xA;&#xA;J’attends sa réponse, je clique sur l’icône « envoyer / recevoir » de mon logiciel de messagerie toutes les vingt secondes pour voir s’il m’a répondu. Je vérifie que mon portable est allumé, qu’il est bien connecté au réseau. Mon cœur bat très vite, très fort.&#xA;&#xA;---&#xA;&#xA;Le téléphone a enfin sonné. Sa voix n’a pas vraiment changé. Nous avions rendez-vous cet après-midi dans un café du centre-ville. Il est arrivé quelques minutes après moi. Je l’ai vu arriver de loin, je l’ai reconnu aussitôt. Il est beau, c’est quelque chose que je n’avais pas vraiment remarqué au lycée. Il me plaisait, tout simplement.&#xA;&#xA;Nous avons pris un café. Nous avons échangé quelques banalités, nous avons parlé des bons souvenirs que nous avons gardés du lycée. C’était il y a trois ans et beaucoup de choses ont changé pour nous depuis. Après le bac, il est allé étudier dans une ville, moi dans une autre, nous avions perdu contact.&#xA;&#xA;Il me propose d’aller chez lui, ce sera plus tranquille pour discuter. Il a un appartement à cinq minutes du centre-ville.&#xA;&#xA;Une heure plus tard, il m’a tout dit. Il a des maux de tête de plus en plus violents depuis plusieurs mois, accompagnés de quelques malaises et d&#39;une fatigue languissante. Il a enfin consulté son médecin traitant il y a deux semaines. Après des examens poussés à l’hôpital, la sentence est tombée : tumeur au cerveau, inopérable. Un traitement douloureux et pénible peut prolonger sa vie de quelques mois, il n’est pas sûr que cela en vaille la peine.&#xA;&#xA;Je suis sous le choc. David propose d’aller se promener dans le quartier, pour prendre l’air. La marche est silencieuse. Je marche à côté de lui, lentement. J’ai envie de le prendre par la main. J’ai envie de le prendre dans mes bras, de lui dire tout ce que je ne lui ai pas dit au lycée.&#xA;&#xA;De retour chez lui, il m’explique qu’il n’a pas eu de meilleur ami que moi depuis le lycée, qu’il espère pouvoir compter sur moi mais qu&#39;il ne veut rien m&#39;imposer. Les prochaines semaines, les prochains mois peut-être, seront difficiles. Je peux encore reculer, tourner les talons, refuser de l&#39;accompagner sur ce chemin obscur. Je le rassure, je serai là.&#xA;&#xA;---&#xA;&#xA;Il a pleuré ce soir. Nous avions dîné chez lui. Après le repas, il n’a pas voulu que je parte. Il pleurait, il avait peur de rester seul. Je suis resté, évidemment.&#xA;&#xA;Il s’est allongé dans son lit, m’a proposé de m’allonger à ses côtés. Il s’est endormi, ma main dans la sienne, après avoir longuement évoqué des souvenirs du lycée. Je l’ai regardé dormir. Encore une fois j’avais envie de le prendre dans mes bras. J’ai osé caresser sa joue.&#xA;&#xA;Je me suis endormi un peu plus tard. C&#39;est lui qui m’a réveillé ce matin. Il avait préparé le petit déjeuner.&#xA;&#xA;---&#xA;&#xA;Il a fait un malaise ce matin. Une ambulance l’a conduit à l’hôpital. Ils l’ont gardé en observation, il pourra sans doute rentrer chez lui demain.&#xA;&#xA;---&#xA;&#xA;Il m’a dit « je t’aime » avant de s’endormir. Il dort près de vingt heures par jour. Je reste à son chevet, en alternance avec ses parents. Quand il est éveillé, il est très faible, il parle lentement et doucement. Il me parle des fous rires que nous avions en cours de biologie, en première. De la douce folie de notre professeur de mathématiques, en seconde. De notre sympathique prof d’histoire, avec qui nous discutions souvent après les cours en terminale. Il essaye de rire, de sourire, mais son visage est envahi par la souffrance et l&#39;épuisement.&#xA;&#xA;---&#xA;&#xA;Il y a quelques semaines, il m’avait dit que ce serait peut-être plus douloureux pour moi que pour lui. J’espère pour lui qu’il avait raison.&#xA;&#xA;écriture &#xA;&#xA;Zéro Janvier - @zerojanvier@diaspodon.fr&#xD;&#xA;&#xD;&#xA;a href=&#34;https://remark.as/p/blog.zerojanvier.fr/lenvol&#34;Discuss.../a]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><em>Un dernier texte court retrouvé dans mes archives, en espérant pouvoir vous proposer prochainement d&#39;autres textes plus récents.</em></p>



<p>J’ai reçu sa lettre hier. J’ai pris le courrier dans la boite aux lettres machinalement, comme tous les soirs. J’ai commencé à regarder chaque enveloppe une par une en montant l’escalier. Entre deux prospectus pour les hypermarchés du coin et la facture de mon téléphone portable, il y avait sa lettre. J’ai tout de suite reconnu son écriture sur l’enveloppe.</p>

<p>David était dans la même classe que moi au lycée, de la seconde jusqu’en terminale. Nous avions d’abord été de bons copains, on s’entendait bien, on discutait ensemble de temps en temps. Nous nous sommes rapprochés vers la fin de notre année de première, pendant les révisions du bac français. Nous avions révisé ensemble, nous sommes devenus amis. En terminale, il y eut des périodes où nous étions inséparables, et d’autres où nous étions en froid après des disputes banales sur des sujets sans importance.</p>

<p>À cette époque, je n’avais pas encore mis un nom sur ce que je ressentais pour lui, sur ce qui me poussait vers lui et parfois me le faisait haïr.</p>

<p>Aujourd’hui, je sais que j’étais amoureux de lui.</p>

<hr/>

<p>J’ai relu sa lettre une bonne dizaine de fois depuis hier soir. Il dit qu’il regrette l’époque du lycée, notre amitié. Il souhaite me revoir, il voudrait me parler de quelque chose d’important.</p>

<p>Il m’a donné dans sa lettre plusieurs moyens de le joindre. J’ai choisi de lui écrire un mail : c’est rapide, et cela m’évite l’angoisse d’un coup de téléphone. Je lui ai dit que cela me ferait plaisir de le revoir, je lui ai donné mon numéro de portable pour qu’il m’appelle et qu’on convienne d’un rendez-vous.</p>

<p>J’attends sa réponse, je clique sur l’icône « envoyer / recevoir » de mon logiciel de messagerie toutes les vingt secondes pour voir s’il m’a répondu. Je vérifie que mon portable est allumé, qu’il est bien connecté au réseau. Mon cœur bat très vite, très fort.</p>

<hr/>

<p>Le téléphone a enfin sonné. Sa voix n’a pas vraiment changé. Nous avions rendez-vous cet après-midi dans un café du centre-ville. Il est arrivé quelques minutes après moi. Je l’ai vu arriver de loin, je l’ai reconnu aussitôt. Il est beau, c’est quelque chose que je n’avais pas vraiment remarqué au lycée. Il me plaisait, tout simplement.</p>

<p>Nous avons pris un café. Nous avons échangé quelques banalités, nous avons parlé des bons souvenirs que nous avons gardés du lycée. C’était il y a trois ans et beaucoup de choses ont changé pour nous depuis. Après le bac, il est allé étudier dans une ville, moi dans une autre, nous avions perdu contact.</p>

<p>Il me propose d’aller chez lui, ce sera plus tranquille pour discuter. Il a un appartement à cinq minutes du centre-ville.</p>

<p>Une heure plus tard, il m’a tout dit. Il a des maux de tête de plus en plus violents depuis plusieurs mois, accompagnés de quelques malaises et d&#39;une fatigue languissante. Il a enfin consulté son médecin traitant il y a deux semaines. Après des examens poussés à l’hôpital, la sentence est tombée : tumeur au cerveau, inopérable. Un traitement douloureux et pénible peut prolonger sa vie de quelques mois, il n’est pas sûr que cela en vaille la peine.</p>

<p>Je suis sous le choc. David propose d’aller se promener dans le quartier, pour prendre l’air. La marche est silencieuse. Je marche à côté de lui, lentement. J’ai envie de le prendre par la main. J’ai envie de le prendre dans mes bras, de lui dire tout ce que je ne lui ai pas dit au lycée.</p>

<p>De retour chez lui, il m’explique qu’il n’a pas eu de meilleur ami que moi depuis le lycée, qu’il espère pouvoir compter sur moi mais qu&#39;il ne veut rien m&#39;imposer. Les prochaines semaines, les prochains mois peut-être, seront difficiles. Je peux encore reculer, tourner les talons, refuser de l&#39;accompagner sur ce chemin obscur. Je le rassure, je serai là.</p>

<hr/>

<p>Il a pleuré ce soir. Nous avions dîné chez lui. Après le repas, il n’a pas voulu que je parte. Il pleurait, il avait peur de rester seul. Je suis resté, évidemment.</p>

<p>Il s’est allongé dans son lit, m’a proposé de m’allonger à ses côtés. Il s’est endormi, ma main dans la sienne, après avoir longuement évoqué des souvenirs du lycée. Je l’ai regardé dormir. Encore une fois j’avais envie de le prendre dans mes bras. J’ai osé caresser sa joue.</p>

<p>Je me suis endormi un peu plus tard. C&#39;est lui qui m’a réveillé ce matin. Il avait préparé le petit déjeuner.</p>

<hr/>

<p>Il a fait un malaise ce matin. Une ambulance l’a conduit à l’hôpital. Ils l’ont gardé en observation, il pourra sans doute rentrer chez lui demain.</p>

<hr/>

<p>Il m’a dit « je t’aime » avant de s’endormir. Il dort près de vingt heures par jour. Je reste à son chevet, en alternance avec ses parents. Quand il est éveillé, il est très faible, il parle lentement et doucement. Il me parle des fous rires que nous avions en cours de biologie, en première. De la douce folie de notre professeur de mathématiques, en seconde. De notre sympathique prof d’histoire, avec qui nous discutions souvent après les cours en terminale. Il essaye de rire, de sourire, mais son visage est envahi par la souffrance et l&#39;épuisement.</p>

<hr/>

<p>Il y a quelques semaines, il m’avait dit que ce serait peut-être plus douloureux pour moi que pour lui. J’espère pour lui qu’il avait raison.</p>

<p><a href="https://blog.zerojanvier.fr/tag:%C3%A9criture" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">écriture</span></a></p>

<p><strong>Zéro Janvier</strong> – <a href="/@/zerojanvier@diaspodon.fr" class="u-url mention">@<span>zerojanvier@diaspodon.fr</span></a></p>

<p><a href="https://remark.as/p/blog.zerojanvier.fr/lenvol">Discuss...</a></p>
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      <pubDate>Wed, 06 Jan 2021 18:09:00 +0000</pubDate>
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      <title>Les éphémères</title>
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      <description>&lt;![CDATA[Les éphémères passent dans notre vie, nous apportent un peu de bonheur et finissent par s&#39;en aller.&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Je ne sais plus où j&#39;ai lu cette phrase mais elle m&#39;avait marqué car elle résume très bien ce que je ressens parfois. Je l&#39;avais notée dans un coin, avec l&#39;idée de la développer un jour dans un billet.&#xA;&#xA;Les éphémères, ce sont celles et ceux que j&#39;ai connus et qui ne sont plus dans ma vie, pour de bonnes ou de mauvaises raisons.&#xA;&#xA;Les éphémères, ce sont ces anciens collègues que la paresse, souvent partagée, puis la gêne m&#39;ont empêché de revoir. Malgré les coordonnées personnelles laissées par celui qui quitte une mission ou une société, malgré les rencontres autour d&#39;un verre ou d&#39;un bon repas, le fossé se creuse : les dernières nouvelles et rumeurs finissent par ne plus intéresser l&#39;ancien qui ne connaît pas tous ces nouveaux arrivés après son départ, dont je pourrais parler. Le temps triomphe peu à peu de ma volonté, et après plusieurs mois sans contact il devient gênant de se rappeler au souvenir de l&#39;autre.&#xA;&#xA;Les éphémères, ce sont ces amis d&#39;enfance que les années et les kilomètres m&#39;ont fait perdre de vue. Voisins ou camarades, nous avons partagé nos jeux, nous avons échangé nos billes et nos vignettes Panini. Puis nous avons grandi, nos choix et nos parcours ont été différents, nous sommes devenus différents. Ceux qui nous qualifiaient d&#39;inséparables devaient pourtant savoir que cela ne durerait pas mais ils avaient raison de nous le laisser croire. Il y a une ironie un peu cruelle dans l&#39;idée qu&#39;on devient vraiment adulte quand on se sépare de ceux qui nous ont aidé à grandir.&#xA;&#xA;Les éphémères, c&#39;est aussi cette amie qui a accompagné mon adolescence. C&#39;était une amitié née malgré les sentiments ou grâce aux sentiments partagés pour le même garçon, et enterrée avec lui. Ce garçon nous a réunis plus de trois ans, trois années peuplées de mensonges, de crises de jalousie et de larmes mais aussi de complicité, de tendresse et de fous rires. Quand le trait d&#39;union a disparu, la tragédie et les malentendus nous ont séparés, plein de rancoeur et en n&#39;admettant qu&#39;un seul regret : celui d&#39;avoir perdu celui qui nous liait.&#xA;&#xA;Les éphémères, ce sont ces relations commencées avec la certitude qu&#39;elles dureront &#34;le plus longtemps possible&#34; et qui ont pris fin avec la promesse, vite rompue, de rester amis et d&#39;être toujours là l&#39;un pour l&#39;autre. Croit-on vraiment à ces grandes déclarations quand on les fait ? Peut-être, jusqu&#39;à ce que le coeur change de cible et qu&#39;on se rende compte qu&#39;après l&#39;amour, il ne reste souvent rien d&#39;autre que de l&#39;indifférence, rarement de l&#39;amitié.&#xA;&#xA;Les éphémères passent dans notre vie, nous apportent un peu de bonheur et finissent par s&#39;en aller. Ils nous laissent avec le regret de ce qui aurait pu être et ne sera jamais, à la fois souvenirs enivrants d&#39;un passé révolu et promesses non tenues d&#39;un avenir rêvé.&#xA;&#xA;écriture&#xA;&#xA;Zéro Janvier - @zerojanvier@diaspodon.fr&#xD;&#xA;&#xD;&#xA;a href=&#34;https://remark.as/p/blog.zerojanvier.fr/les-ephemeres&#34;Discuss.../a]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><em>Les éphémères passent dans notre vie, nous apportent un peu de bonheur et finissent par s&#39;en aller.</em></p>



<p>Je ne sais plus où j&#39;ai lu cette phrase mais elle m&#39;avait marqué car elle résume très bien ce que je ressens parfois. Je l&#39;avais notée dans un coin, avec l&#39;idée de la développer un jour dans un billet.</p>

<p>Les éphémères, ce sont celles et ceux que j&#39;ai connus et qui ne sont plus dans ma vie, pour de bonnes ou de mauvaises raisons.</p>

<p>Les éphémères, ce sont ces anciens collègues que la paresse, souvent partagée, puis la gêne m&#39;ont empêché de revoir. Malgré les coordonnées personnelles laissées par celui qui quitte une mission ou une société, malgré les rencontres autour d&#39;un verre ou d&#39;un bon repas, le fossé se creuse : les dernières nouvelles et rumeurs finissent par ne plus intéresser l&#39;ancien qui ne connaît pas tous ces nouveaux arrivés après son départ, dont je pourrais parler. Le temps triomphe peu à peu de ma volonté, et après plusieurs mois sans contact il devient gênant de se rappeler au souvenir de l&#39;autre.</p>

<p>Les éphémères, ce sont ces amis d&#39;enfance que les années et les kilomètres m&#39;ont fait perdre de vue. Voisins ou camarades, nous avons partagé nos jeux, nous avons échangé nos billes et nos vignettes Panini. Puis nous avons grandi, nos choix et nos parcours ont été différents, <em>nous</em> sommes devenus différents. Ceux qui nous qualifiaient d&#39;inséparables devaient pourtant savoir que cela ne durerait pas mais ils avaient raison de nous le laisser croire. Il y a une ironie un peu cruelle dans l&#39;idée qu&#39;on devient vraiment adulte quand on se sépare de ceux qui nous ont aidé à grandir.</p>

<p>Les éphémères, c&#39;est aussi cette amie qui a accompagné mon adolescence. C&#39;était une amitié née malgré les sentiments ou grâce aux sentiments partagés pour le même garçon, et enterrée avec lui. Ce garçon nous a réunis plus de trois ans, trois années peuplées de mensonges, de crises de jalousie et de larmes mais aussi de complicité, de tendresse et de fous rires. Quand le trait d&#39;union a disparu, la tragédie et les malentendus nous ont séparés, plein de rancoeur et en n&#39;admettant qu&#39;un seul regret : celui d&#39;avoir perdu celui qui nous liait.</p>

<p>Les éphémères, ce sont ces relations commencées avec la certitude qu&#39;elles dureront “le plus longtemps possible” et qui ont pris fin avec la promesse, vite rompue, de rester amis et d&#39;être toujours là l&#39;un pour l&#39;autre. Croit-on vraiment à ces grandes déclarations quand on les fait ? Peut-être, jusqu&#39;à ce que le coeur change de cible et qu&#39;on se rende compte qu&#39;après l&#39;amour, il ne reste souvent rien d&#39;autre que de l&#39;indifférence, rarement de l&#39;amitié.</p>

<p>Les éphémères passent dans notre vie, nous apportent un peu de bonheur et finissent par s&#39;en aller. Ils nous laissent avec le regret de ce qui aurait pu être et ne sera jamais, à la fois souvenirs enivrants d&#39;un passé révolu et promesses non tenues d&#39;un avenir rêvé.</p>

<p><a href="https://blog.zerojanvier.fr/tag:%C3%A9criture" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">écriture</span></a></p>

<p><strong>Zéro Janvier</strong> – <a href="/@/zerojanvier@diaspodon.fr" class="u-url mention">@<span>zerojanvier@diaspodon.fr</span></a></p>

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      <guid>https://blog.zerojanvier.fr/les-ephemeres</guid>
      <pubDate>Wed, 30 Dec 2020 20:03:13 +0000</pubDate>
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      <title>Un tigre à l’hôpital</title>
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      <description>&lt;![CDATA[Voici un de mes plus anciens textes, je pense l’avoir écrit il y a une quinzaine d’années. C’est aussi, sans doute, l’un des plus personnels.&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;17 juillet. J’ai onze ans et demi. Je passe le début de l’été à l’hôpital pour un petit souci de santé qu’on me décrit comme étant sans gravité. Après quelques jours ici, je commence à bien connaître les couloirs et les infirmières de cet hôpital devant lequel je suis passé si souvent en allant à l’école puis au collège. Pourtant, je ne m’habitue pas. Il y a d’abord cette odeur qui me gêne. Il y a aussi cette peur panique des hôpitaux.&#xA;&#xA;Tout va bien se passer, me répète-t-on depuis mon arrivée. Il n’y a aucun inquiétude à avoir, c’est une intervention sans risque, elle ne touche aucun organe vital. Je reste sceptique. J’ai peur.&#xA;&#xA;L’infirmière m’apporte un comprimé pour me détendre avant l’anesthésie. On m’habille de cette affreuse blouse indispensable pour entrer au bloc opératoire. On me laisse ensuite de longues minutes à attendre. Mes parents sont dans la chambre, ainsi que mon fidèle ami Grégory et ses parents. Ils essayent tous de me rassurer, mais c’est peine perdue. Je suis mort de trouille.&#xA;&#xA;Deux infirmières et un interne viennent me chercher. Ils m’installent sur le brancard, déposent une couverture sur moi. J’ai pris mon petit tigre en peluche avec moi, il me protègera. Mes parents me souhaitent bon courage. On me sort de la chambre, le brancard avance tant bien que mal dans le couloir. Une des infirmières appuie sur le bouton pour appeler l’ascenseur. Je suis pétrifié par la peur.&#xA;&#xA;Mon tigre tombe du brancard. Je le regarde couché par terre, j’ai envie de pleurer. Grégory a suivi dans le couloir et ramasse le tigre. Il le remet sous la couverture et me sourit. “Il est à tes côtés, rien ne peut t’arriver”. Je lui souris.&#xA;&#xA;Il prend ma main dans la sienne. L’ascenseur arrive, la porte s’ouvre. L’infirmière dit « il faut y aller, on nous attend au bloc ». Grégory lâche ma main. Le brancard entre dans l’ascenseur, je tourne la tête en arrière pour regarder mon ami. Il me fait un dernier signe de la main. Il semble retenir des larmes.&#xA;&#xA;Quelques heures plus tard, j’ouvre les yeux en salle de réveil. Il fait froid. J’entends le bruit des appareils autour de moi. À part ces bips réguliers, le silence est total, pesant. Je tremble, il fait vraiment très froid.&#xA;&#xA;Je ne sais pas depuis combien de temps je suis éveillé, et encore moins depuis quand je suis ici, quand une infirmière vient me voir. Elle me salue gentiment et m’annonce qu’elle va me remonter dans ma chambre. Enfin.&#xA;&#xA;Quand nous arrivons dans la chambre, mes parents ne sont pas là. Ils sont sans doute allés à la cafétéria avec les parents de Grégory pour grignoter un morceau en attendant mon retour. Mon ami, lui, est là. Il me sourit dès que j’entre dans la chambre. Il a l’air heureux de me revoir. Je ressens la même joie.&#xA;&#xA;J’échange quelques mots avec lui, mais le sommeil m’attire à nouveau dans ses filets. Je dois me reposer. Je dois dormir. Il me parle, je l’entends, mais je n’ai pas la force de répondre. Il le sait, mais il continue de me parler. Je m’endors. Qu’importe, je sais que dans quelques heures j’irai mieux. J’ai tant de choses à lui dire.&#xA;&#xA;écriture&#xA;&#xA;Zéro Janvier - @zerojanvier@diaspodon.fr&#xD;&#xA;&#xD;&#xA;a href=&#34;https://remark.as/p/blog.zerojanvier.fr/un-tigre-a-lhopital&#34;Discuss.../a]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><em>Voici un de mes plus anciens textes, je pense l’avoir écrit il y a une quinzaine d’années. C’est aussi, sans doute, l’un des plus personnels.</em></p>



<p>17 juillet. J’ai onze ans et demi. Je passe le début de l’été à l’hôpital pour un petit souci de santé qu’on me décrit comme étant sans gravité. Après quelques jours ici, je commence à bien connaître les couloirs et les infirmières de cet hôpital devant lequel je suis passé si souvent en allant à l’école puis au collège. Pourtant, je ne m’habitue pas. Il y a d’abord cette odeur qui me gêne. Il y a aussi cette peur panique des hôpitaux.</p>

<p>Tout va bien se passer, me répète-t-on depuis mon arrivée. Il n’y a aucun inquiétude à avoir, c’est une intervention sans risque, elle ne touche aucun organe vital. Je reste sceptique. J’ai peur.</p>

<p>L’infirmière m’apporte un comprimé pour me détendre avant l’anesthésie. On m’habille de cette affreuse blouse indispensable pour entrer au bloc opératoire. On me laisse ensuite de longues minutes à attendre. Mes parents sont dans la chambre, ainsi que mon fidèle ami Grégory et ses parents. Ils essayent tous de me rassurer, mais c’est peine perdue. Je suis mort de trouille.</p>

<p>Deux infirmières et un interne viennent me chercher. Ils m’installent sur le brancard, déposent une couverture sur moi. J’ai pris mon petit tigre en peluche avec moi, il me protègera. Mes parents me souhaitent bon courage. On me sort de la chambre, le brancard avance tant bien que mal dans le couloir. Une des infirmières appuie sur le bouton pour appeler l’ascenseur. Je suis pétrifié par la peur.</p>

<p>Mon tigre tombe du brancard. Je le regarde couché par terre, j’ai envie de pleurer. Grégory a suivi dans le couloir et ramasse le tigre. Il le remet sous la couverture et me sourit. “Il est à tes côtés, rien ne peut t’arriver”. Je lui souris.</p>

<p>Il prend ma main dans la sienne. L’ascenseur arrive, la porte s’ouvre. L’infirmière dit « il faut y aller, on nous attend au bloc ». Grégory lâche ma main. Le brancard entre dans l’ascenseur, je tourne la tête en arrière pour regarder mon ami. Il me fait un dernier signe de la main. Il semble retenir des larmes.</p>

<p>Quelques heures plus tard, j’ouvre les yeux en salle de réveil. Il fait froid. J’entends le bruit des appareils autour de moi. À part ces bips réguliers, le silence est total, pesant. Je tremble, il fait vraiment très froid.</p>

<p>Je ne sais pas depuis combien de temps je suis éveillé, et encore moins depuis quand je suis ici, quand une infirmière vient me voir. Elle me salue gentiment et m’annonce qu’elle va me remonter dans ma chambre. Enfin.</p>

<p>Quand nous arrivons dans la chambre, mes parents ne sont pas là. Ils sont sans doute allés à la cafétéria avec les parents de Grégory pour grignoter un morceau en attendant mon retour. Mon ami, lui, est là. Il me sourit dès que j’entre dans la chambre. Il a l’air heureux de me revoir. Je ressens la même joie.</p>

<p>J’échange quelques mots avec lui, mais le sommeil m’attire à nouveau dans ses filets. Je dois me reposer. Je dois dormir. Il me parle, je l’entends, mais je n’ai pas la force de répondre. Il le sait, mais il continue de me parler. Je m’endors. Qu’importe, je sais que dans quelques heures j’irai mieux. J’ai tant de choses à lui dire.</p>

<p><a href="https://blog.zerojanvier.fr/tag:%C3%A9criture" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">écriture</span></a></p>

<p><strong>Zéro Janvier</strong> – <a href="/@/zerojanvier@diaspodon.fr" class="u-url mention">@<span>zerojanvier@diaspodon.fr</span></a></p>

<p><a href="https://remark.as/p/blog.zerojanvier.fr/un-tigre-a-lhopital">Discuss...</a></p>
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      <guid>https://blog.zerojanvier.fr/un-tigre-a-lhopital</guid>
      <pubDate>Mon, 28 Dec 2020 16:39:26 +0000</pubDate>
    </item>
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      <title>Les absents</title>
      <link>https://blog.zerojanvier.fr/les-absents?pk_campaign=rss-feed</link>
      <description>&lt;![CDATA[Un texte écrit il y a plus de dix ans, et qui trouve un sens nouveau aujourd&#39;hui.&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Les absents me manquent. Parfois. Souvent.&#xA;&#xA;Je pense à eux. Parfois. Souvent.&#xA;&#xA;Le matin, sous la douche, quand l&#39;esprit hésite encore entre sommeil et éveil. Dans le RER qui m&#39;amène au bureau, lorsqu&#39;il s&#39;arrête dans cette station où nous nous retrouvions parfois. Sur le parvis venteux de La Défense, point de rendez-vous pour ces traditionnels mais désormais oubliés déjeuners. Au bureau, perdu dans mes pensées au moment où mes collègues rient d&#39;une blague quelconque pendant la pause café. Le soir, en rentrant dans cet appartement que je voudrais quitter pour tourner la page.&#xA;&#xA;Je pense à eux. Parfois. Souvent.&#xA;&#xA;En relisant un roman dont nous avions tant parlé, les passages qui nous avaient plu, les personnages qui nous avaient marqués et qui parfois nous ressemblaient. En revoyant un film devant lequel nous avions ri ou pleuré, les scènes mémorables et les répliques que nous connaissions par coeur. En écoutant ces chansons que j&#39;associerai éternellement à eux, les mélodies fredonnées ensemble et ces paroles échangées dans nos lettres et nos e-mails. En retrouvant ces cadeaux reçus, ces objets achetés ensemble, ces petits bouts d&#39;histoire à deux.&#xA;&#xA;Je pense à eux. Parfois. Souvent.&#xA;&#xA;Au crépuscule, au moment de se réfugier sous la couette pour fuir et rejoindre ce monde où les absents renaissent pour nous retrouver. La nuit, quand je peux leur dire ce que je n&#39;ai pas eu le temps de leur dire et partager à nouveau quelques instants avec eux. Au réveil, quand je réalise brutalement, douloureusement, que les absents ne m&#39;accompagneront pas hors de mes rêves.&#xA;&#xA;Je pense à eux. Parfois. Souvent.&#xA;&#xA;Quand les amis communs se souviennent. Quand le calendrier s&#39;arrête sur ces dates anniversaires. Quand quelqu&#39;un, ignorant ce qui s&#39;est passé, demande innocemment des nouvelles. Quand, le jour venu, les projets faits ensemble ne se réalisent pas. Quand un simple accident donne envie de composer ce numéro auquel on ne répondra pas.&#xA;&#xA;Je pense à eux. Parfois. Souvent. Malgré les mois ou les années, ils sont toujours présents dans mes souvenirs, dans mes rêves, dans ma vie. Les absents me manquent. La douleur s&#39;apaise parfois mais le manque, lui, sera toujours présent.&#xA;&#xA;écriture&#xA;&#xA;Zéro Janvier - @zerojanvier@diaspodon.fr&#xD;&#xA;&#xD;&#xA;a href=&#34;https://remark.as/p/blog.zerojanvier.fr/les-absents&#34;Discuss.../a]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><em>Un texte écrit il y a plus de dix ans, et qui trouve un sens nouveau aujourd&#39;hui.</em></p>



<p>Les absents me manquent. Parfois. Souvent.</p>

<p>Je pense à eux. Parfois. Souvent.</p>

<p>Le matin, sous la douche, quand l&#39;esprit hésite encore entre sommeil et éveil. Dans le RER qui m&#39;amène au bureau, lorsqu&#39;il s&#39;arrête dans cette station où nous nous retrouvions parfois. Sur le parvis venteux de La Défense, point de rendez-vous pour ces traditionnels mais désormais oubliés déjeuners. Au bureau, perdu dans mes pensées au moment où mes collègues rient d&#39;une blague quelconque pendant la pause café. Le soir, en rentrant dans cet appartement que je voudrais quitter pour tourner la page.</p>

<p>Je pense à eux. Parfois. Souvent.</p>

<p>En relisant un roman dont nous avions tant parlé, les passages qui nous avaient plu, les personnages qui nous avaient marqués et qui parfois nous ressemblaient. En revoyant un film devant lequel nous avions ri ou pleuré, les scènes mémorables et les répliques que nous connaissions par coeur. En écoutant ces chansons que j&#39;associerai éternellement à eux, les mélodies fredonnées ensemble et ces paroles échangées dans nos lettres et nos e-mails. En retrouvant ces cadeaux reçus, ces objets achetés ensemble, ces petits bouts d&#39;histoire à deux.</p>

<p>Je pense à eux. Parfois. Souvent.</p>

<p>Au crépuscule, au moment de se réfugier sous la couette pour fuir et rejoindre ce monde où les absents renaissent pour nous retrouver. La nuit, quand je peux leur dire ce que je n&#39;ai pas eu le temps de leur dire et partager à nouveau quelques instants avec eux. Au réveil, quand je réalise brutalement, douloureusement, que les absents ne m&#39;accompagneront pas hors de mes rêves.</p>

<p>Je pense à eux. Parfois. Souvent.</p>

<p>Quand les amis communs se souviennent. Quand le calendrier s&#39;arrête sur ces dates anniversaires. Quand quelqu&#39;un, ignorant ce qui s&#39;est passé, demande innocemment des nouvelles. Quand, le jour venu, les projets faits ensemble ne se réalisent pas. Quand un simple accident donne envie de composer ce numéro auquel on ne répondra pas.</p>

<p>Je pense à eux. Parfois. Souvent. Malgré les mois ou les années, ils sont toujours présents dans mes souvenirs, dans mes rêves, dans ma vie. Les absents me manquent. La douleur s&#39;apaise parfois mais le manque, lui, sera toujours présent.</p>

<p><a href="https://blog.zerojanvier.fr/tag:%C3%A9criture" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">écriture</span></a></p>

<p><strong>Zéro Janvier</strong> – <a href="/@/zerojanvier@diaspodon.fr" class="u-url mention">@<span>zerojanvier@diaspodon.fr</span></a></p>

<p><a href="https://remark.as/p/blog.zerojanvier.fr/les-absents">Discuss...</a></p>
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      <guid>https://blog.zerojanvier.fr/les-absents</guid>
      <pubDate>Sat, 26 Dec 2020 11:39:36 +0000</pubDate>
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    <item>
      <title>Dans le train</title>
      <link>https://blog.zerojanvier.fr/dans-le-train?pk_campaign=rss-feed</link>
      <description>&lt;![CDATA[Je republie aujourd’hui un texte court que j’ai écrit il y a une grosse dizaine d’années. Je ne suis pas particulièrement fier de ce texte, je lui trouve désormais une multitude de défauts, mais bizarrement j’y suis attaché. Sans doute moins pour sa qualité très discutable que pour le plaisir que j’avais pris à l’écrire à l’époque.&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Hier, j’ai pris le train.&#xA;&#xA;Pour passer le temps, je me suis amusé à observer les passagers qui voyageaient dans la même voiture que moi, pour essayer de deviner – ou d’imaginer - leur vie.&#xA;&#xA;Sur les deux sièges situés juste devant le mien, un couple de retraités. Ils se plaignent, l’un comme l’autre, du confort insatisfaisant du train et critiquent le contrôleur dès qu’il a le dos tourné, comme si le pauvre homme avait commis un crime en osant leur demander leur titre de transport. Aigris, sans doute malheureux de devoir se supporter l’un l’autre après quarante ans d’un mariage forcé par leurs familles respectives. Madame aurait préféré partir en Amérique avec cet acteur qui lui faisait la cour quand les rides n’avaient pas encore déformé son visage alors joli. Monsieur, lui, fréquentait en secret la charmante Madeleine, la servante récemment engagée par sa mère pour l’assister dans ses tâches de maîtresse de maison. Quarante ans après, Monsieur et Madame sont mariés, dans ce train qui les mène dans la maison de campagne qu’ils ont achetée il y a quinze ans, dans l’espoir d’y accueillir pour les vacances leurs petits enfants. Des petits enfants qui ne viennent finalement que rarement, à contre-cœur, préférant aller en colonie de vacances avec des copains de leur âge, plutôt que de venir passer quelques jours à la campagne auprès de leurs grands-parents, qui auraient pourtant bien besoin de leur compagnie pour briser la monotonie de leur vie.&#xA;&#xA;Un peu plus loin, un jeune garçon de onze ou douze ans, accompagné d’une femme, sa mère. Il se prénomme Maxime, du moins c’est ainsi que sa mère l’appelle. Il est bien élevé, calme. Il lit un livre. J’en suis presque étonné, c’est si rare de voir un gamin de son âge lire de nos jours. Sa mère regarde le paysage défiler, le regard vide. Divorcée, sans doute. Depuis plusieurs années. Peu d‘hommes dans sa vie depuis. Quelques aventures, rien de plus. Sa carrière et son fils passent avant tout. Elle est peut-être médecin, ses journées sont longues, son fils ne la voit pas tous les soirs. Parfois quand elle rentre de l’hôpital, elle le retrouve endormi sur le canapé. Elle le porte dans son lit, l’embrasse sur le front, et le borde comme elle le faisait chaque soir quand il était plus jeune encore.&#xA;&#xA;Au milieu de la voiture, un jeune homme écoute de la musique, une paire d’écouteurs dans les oreilles. Dix-huit ans, dix-neuf peut-être. Cheveux bruns, courts. Mignon. Je l’observe de loin, il me remarque, sourit, et détourne le regard. Amusé, flatté de plaire. Une petite amie l’attend à Paris. Il me regardera passer à côté de lui quand il la prendra dans ses bras, et me sourira une dernière fois.&#xA;&#xA;De l’autre côté du couloir, une dame d’un certain âge. Dès le départ du train, semblant ignorer le pictogramme représentant un téléphone éteint au-dessus de son siège, elle sort son portable et commence à hurler, avec un fort accent américain. Téléphoner est sa façon de passer le temps pendant le voyage. Car il s’agit bien de passer le temps, vu la banalité de sa conversation. « J’ai pris mon sac orange, assorti à ma veste », dit-elle en anglais à son interlocuteur. Quand le train arrive dans une zone où le portable ne capte plus le réseau, elle s’étonne, presque offusquée. « Quel pays de sauvages », semble-t-elle penser.&#xA;&#xA;Et puis il y a cette fille. Elle doit avoir quelques années de plus que moi. Étudiante, elle relit des cours, parcourt un livre, prend quelques notes. Parfois elle s’arrête quelques secondes pour regarder par la fenêtre. Elle pense alors à son petit ami, qui n’a pas voulu l’accompagner. Il a préféré rester avec ses copains pour ce tournoi de football. Ce n’est toujours pas cette fois qu’elle le présentera à ses parents. Elle se demande parfois à quoi cette relation la mène. Pour lui, ce n’est pas sérieux. Pourquoi rester alors ? Nos regards se croisent. Il y a comme un éclair de compréhension, comme si j’avais visé juste, comme si j’avais vraiment lu dans ses pensées.&#xA;&#xA;Vous allez me dire que c’est une drôle d’idée que d’essayer d’imaginer la vie de parfaits inconnus, simplement en les observant. Je me suis certainement trompé en essayant de deviner leur vie et leurs pensées. Peut-être ai-je simplement transposé dans ce jeu de devinettes mes propres pensées, mes propres angoisses. Je ne le saurai jamais, je ne les reverrai jamais. Ils ont fait partie de ma vie, le temps d’un voyage en train, et ils sont repartis, avec leurs vies et leurs pensées.&#xA;&#xA;écriture&#xA;&#xA;Zéro Janvier - @zerojanvier@diaspodon.fr&#xD;&#xA;&#xD;&#xA;a href=&#34;https://remark.as/p/blog.zerojanvier.fr/dans-le-train&#34;Discuss.../a]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><em>Je republie aujourd’hui un texte court que j’ai écrit il y a une grosse dizaine d’années. Je ne suis pas particulièrement fier de ce texte, je lui trouve désormais une multitude de défauts, mais bizarrement j’y suis attaché. Sans doute moins pour sa qualité très discutable que pour le plaisir que j’avais pris à l’écrire à l’époque.</em></p>



<p>Hier, j’ai pris le train.</p>

<p>Pour passer le temps, je me suis amusé à observer les passagers qui voyageaient dans la même voiture que moi, pour essayer de deviner – ou d’imaginer – leur vie.</p>

<p>Sur les deux sièges situés juste devant le mien, un couple de retraités. Ils se plaignent, l’un comme l’autre, du confort insatisfaisant du train et critiquent le contrôleur dès qu’il a le dos tourné, comme si le pauvre homme avait commis un crime en osant leur demander leur titre de transport. Aigris, sans doute malheureux de devoir se supporter l’un l’autre après quarante ans d’un mariage forcé par leurs familles respectives. Madame aurait préféré partir en Amérique avec cet acteur qui lui faisait la cour quand les rides n’avaient pas encore déformé son visage alors joli. Monsieur, lui, fréquentait en secret la charmante Madeleine, la servante récemment engagée par sa mère pour l’assister dans ses tâches de maîtresse de maison. Quarante ans après, Monsieur et Madame sont mariés, dans ce train qui les mène dans la maison de campagne qu’ils ont achetée il y a quinze ans, dans l’espoir d’y accueillir pour les vacances leurs petits enfants. Des petits enfants qui ne viennent finalement que rarement, à contre-cœur, préférant aller en colonie de vacances avec des copains de leur âge, plutôt que de venir passer quelques jours à la campagne auprès de leurs grands-parents, qui auraient pourtant bien besoin de leur compagnie pour briser la monotonie de leur vie.</p>

<p>Un peu plus loin, un jeune garçon de onze ou douze ans, accompagné d’une femme, sa mère. Il se prénomme Maxime, du moins c’est ainsi que sa mère l’appelle. Il est bien élevé, calme. Il lit un livre. J’en suis presque étonné, c’est si rare de voir un gamin de son âge lire de nos jours. Sa mère regarde le paysage défiler, le regard vide. Divorcée, sans doute. Depuis plusieurs années. Peu d‘hommes dans sa vie depuis. Quelques aventures, rien de plus. Sa carrière et son fils passent avant tout. Elle est peut-être médecin, ses journées sont longues, son fils ne la voit pas tous les soirs. Parfois quand elle rentre de l’hôpital, elle le retrouve endormi sur le canapé. Elle le porte dans son lit, l’embrasse sur le front, et le borde comme elle le faisait chaque soir quand il était plus jeune encore.</p>

<p>Au milieu de la voiture, un jeune homme écoute de la musique, une paire d’écouteurs dans les oreilles. Dix-huit ans, dix-neuf peut-être. Cheveux bruns, courts. Mignon. Je l’observe de loin, il me remarque, sourit, et détourne le regard. Amusé, flatté de plaire. Une petite amie l’attend à Paris. Il me regardera passer à côté de lui quand il la prendra dans ses bras, et me sourira une dernière fois.</p>

<p>De l’autre côté du couloir, une dame d’un certain âge. Dès le départ du train, semblant ignorer le pictogramme représentant un téléphone éteint au-dessus de son siège, elle sort son portable et commence à hurler, avec un fort accent américain. Téléphoner est sa façon de passer le temps pendant le voyage. Car il s’agit bien de passer le temps, vu la banalité de sa conversation. « J’ai pris mon sac orange, assorti à ma veste », dit-elle en anglais à son interlocuteur. Quand le train arrive dans une zone où le portable ne capte plus le réseau, elle s’étonne, presque offusquée. « Quel pays de sauvages », semble-t-elle penser.</p>

<p>Et puis il y a cette fille. Elle doit avoir quelques années de plus que moi. Étudiante, elle relit des cours, parcourt un livre, prend quelques notes. Parfois elle s’arrête quelques secondes pour regarder par la fenêtre. Elle pense alors à son petit ami, qui n’a pas voulu l’accompagner. Il a préféré rester avec ses copains pour ce tournoi de football. Ce n’est toujours pas cette fois qu’elle le présentera à ses parents. Elle se demande parfois à quoi cette relation la mène. Pour lui, ce n’est pas sérieux. Pourquoi rester alors ? Nos regards se croisent. Il y a comme un éclair de compréhension, comme si j’avais visé juste, comme si j’avais vraiment lu dans ses pensées.</p>

<p>Vous allez me dire que c’est une drôle d’idée que d’essayer d’imaginer la vie de parfaits inconnus, simplement en les observant. Je me suis certainement trompé en essayant de deviner leur vie et leurs pensées. Peut-être ai-je simplement transposé dans ce jeu de devinettes mes propres pensées, mes propres angoisses. Je ne le saurai jamais, je ne les reverrai jamais. Ils ont fait partie de ma vie, le temps d’un voyage en train, et ils sont repartis, avec leurs vies et leurs pensées.</p>

<p><a href="https://blog.zerojanvier.fr/tag:%C3%A9criture" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">écriture</span></a></p>

<p><strong>Zéro Janvier</strong> – <a href="/@/zerojanvier@diaspodon.fr" class="u-url mention">@<span>zerojanvier@diaspodon.fr</span></a></p>

<p><a href="https://remark.as/p/blog.zerojanvier.fr/dans-le-train">Discuss...</a></p>
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      <guid>https://blog.zerojanvier.fr/dans-le-train</guid>
      <pubDate>Wed, 23 Dec 2020 23:48:00 +0000</pubDate>
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    <item>
      <title>L’adolescent et la vieille dame</title>
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      <description>&lt;![CDATA[J’inaugure avec ce billet un tag – ou devrais-je plutôt dire un mot-dièse ? – destiné à la publication de textes que j&#39;ai écrits il y a plus ou moins longtemps et que j&#39;ai envie de partager ici. J&#39;espère qu&#39;ils vous plairont, à commencer par celui-ci, un texte court écrit il y a une dizaine d&#39;années.&#xA;!--more--&#xA;Un lundi matin de juin. Un café du quinzième arrondissement, à quelques minutes à pied du parc André Citroën. L’horloge indique huit heures et quart. Je lis mon journal et bois un café avant de rejoindre mon bureau pour attaquer une longue et difficile semaine de travail.&#xA;&#xA;Un adolescent passe la porte, suivi d’une vieille dame. Ils s’installent à la table la plus proche de l’entrée, l’un en face de l’autre. Elle enlève sa longue veste beige et la plie consciencieusement sur le dossier de sa chaise. Il garde sur lui son sweat gris à capuche et se contente de déposer son sac à dos au pied de la table.&#xA;&#xA;Ce duo improbable attire mon regard. Que fait ce jeune garçon ici, à l’heure où on s’attendrait plutôt à le trouver dans la salle de classe d&#39;un collège ou d&#39;un lycée ? Pourquoi celle qui pourrait être sa grand-mère l’accompagne-t-elle ? Quel lien unit réellement cet adolescent et cette vieille dame ? Pourquoi sont-ils réunis ce matin dans ce bistrot parisien typique ?&#xA;&#xA;Un serveur vient prendre leur commande. Un thé pour elle, un café pour lui. Elle lui demande s’il n’a pas faim, il fait non de la tête. Elle insiste et il commande finalement un croissant. Le serveur répète – un thé, un café et un croissant – et retourne au comptoir.&#xA;&#xA;L’adolescent n’est pas bavard. La vieille dame lui parle mais d’une voix trop faible pour que je l’entende. Il répond par monosyllabes ou en hochant la tête. Il semble triste, ou fatigué – les deux peut-être.&#xA;&#xA;Mon imagination vagabonde. L’adolescent a peu dormi ces dernières nuits. La vieille dame – sa grand mère, j’en suis de plus en plus persuadé – l’accompagne dans son nouveau collège. Il vit à Paris, chez sa grand-mère, depuis une semaine. Depuis la mort de ses parents dans un accident de voiture.&#xA;&#xA;Le serveur apporte la commande. La vieille dame règle immédiatement l’addition. L’adolescent sucre son café et en boit une gorgée. Il ne touche pas au croissant, malgré l’insistance de sa grand-mère.&#xA;&#xA;L’adolescent a perdu ses parents, la vieille dame a perdu son fils unique. De cette famille, il ne reste qu’eux deux, séparés par cinquante ans de vie et un pesant silence. Le chagrin les réunit ce matin, dans ce café sans âme. La vieille dame porte un regard plein de tendresse sur cet adolescent qu’elle connaît finalement si mal. Lui a le regard dans le vague, il laisse son café refroidir. Ils vont devoir apprendre à vivre ensemble, s’apprivoiser.&#xA;&#xA;L’heure tourne, le travail m’appelle, je règle mon café et me dirige vers la sortie. Je laisse derrière moi un adolescent et une vieille dame, je ne saurai jamais si mes rêveries matinales étaient proches ou éloignées de leur réalité.&#xA;&#xA;écriture&#xA;&#xA;Zéro Janvier - @zerojanvier@diaspodon.fr&#xD;&#xA;&#xD;&#xA;a href=&#34;https://remark.as/p/blog.zerojanvier.fr/ladolescent-et-la-vieille-dame&#34;Discuss.../a]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><em>J’inaugure avec ce billet un tag – ou devrais-je plutôt dire un mot-dièse ? – destiné à la publication de textes que j&#39;ai écrits il y a plus ou moins longtemps et que j&#39;ai envie de partager ici. J&#39;espère qu&#39;ils vous plairont, à commencer par celui-ci, un texte court écrit il y a une dizaine d&#39;années.</em>

Un lundi matin de juin. Un café du quinzième arrondissement, à quelques minutes à pied du parc André Citroën. L’horloge indique huit heures et quart. Je lis mon journal et bois un café avant de rejoindre mon bureau pour attaquer une longue et difficile semaine de travail.</p>

<p>Un adolescent passe la porte, suivi d’une vieille dame. Ils s’installent à la table la plus proche de l’entrée, l’un en face de l’autre. Elle enlève sa longue veste beige et la plie consciencieusement sur le dossier de sa chaise. Il garde sur lui son sweat gris à capuche et se contente de déposer son sac à dos au pied de la table.</p>

<p>Ce duo improbable attire mon regard. Que fait ce jeune garçon ici, à l’heure où on s’attendrait plutôt à le trouver dans la salle de classe d&#39;un collège ou d&#39;un lycée ? Pourquoi celle qui pourrait être sa grand-mère l’accompagne-t-elle ? Quel lien unit réellement cet adolescent et cette vieille dame ? Pourquoi sont-ils réunis ce matin dans ce bistrot parisien typique ?</p>

<p>Un serveur vient prendre leur commande. Un thé pour elle, un café pour lui. Elle lui demande s’il n’a pas faim, il fait non de la tête. Elle insiste et il commande finalement un croissant. Le serveur répète – un thé, un café et un croissant – et retourne au comptoir.</p>

<p>L’adolescent n’est pas bavard. La vieille dame lui parle mais d’une voix trop faible pour que je l’entende. Il répond par monosyllabes ou en hochant la tête. Il semble triste, ou fatigué – les deux peut-être.</p>

<p>Mon imagination vagabonde. L’adolescent a peu dormi ces dernières nuits. La vieille dame – sa grand mère, j’en suis de plus en plus persuadé – l’accompagne dans son nouveau collège. Il vit à Paris, chez sa grand-mère, depuis une semaine. Depuis la mort de ses parents dans un accident de voiture.</p>

<p>Le serveur apporte la commande. La vieille dame règle immédiatement l’addition. L’adolescent sucre son café et en boit une gorgée. Il ne touche pas au croissant, malgré l’insistance de sa grand-mère.</p>

<p>L’adolescent a perdu ses parents, la vieille dame a perdu son fils unique. De cette famille, il ne reste qu’eux deux, séparés par cinquante ans de vie et un pesant silence. Le chagrin les réunit ce matin, dans ce café sans âme. La vieille dame porte un regard plein de tendresse sur cet adolescent qu’elle connaît finalement si mal. Lui a le regard dans le vague, il laisse son café refroidir. Ils vont devoir apprendre à vivre ensemble, s’apprivoiser.</p>

<p>L’heure tourne, le travail m’appelle, je règle mon café et me dirige vers la sortie. Je laisse derrière moi un adolescent et une vieille dame, je ne saurai jamais si mes rêveries matinales étaient proches ou éloignées de leur réalité.</p>

<p><a href="https://blog.zerojanvier.fr/tag:%C3%A9criture" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">écriture</span></a></p>

<p><strong>Zéro Janvier</strong> – <a href="/@/zerojanvier@diaspodon.fr" class="u-url mention">@<span>zerojanvier@diaspodon.fr</span></a></p>

<p><a href="https://remark.as/p/blog.zerojanvier.fr/ladolescent-et-la-vieille-dame">Discuss...</a></p>
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      <guid>https://blog.zerojanvier.fr/ladolescent-et-la-vieille-dame</guid>
      <pubDate>Wed, 23 Dec 2020 23:47:46 +0000</pubDate>
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