City (Clifford D. Simak)

City est un roman de science-fiction de l’écrivain américain Clifford D. Simak, publié pour la première fois en 1952. En français, il a été traduit sous le titre Demain les chiens, et c’est ce titre français qui a été ma première raison pour lire ce classique de la SF des années 1950.

On a far future Earth, mankind's achievements are immense: artificially intelligent robots, genetically uplifted animals, interplanetary travel, genetic modification of the human form itself. But nothing comes without a cost. Humanity is tired, its vigour all but gone. Society is breaking down into smaller communities, dispersing into the countryside and abandoning the great cities of the world. As the human race dwindles and declines, which of its great creations will inherit the Earth? And which will claim the stars?

Ce roman se compose de huit “nouvelles”, présentées comme des légendes que se racontent autour du feu des chiens qui, dans un futur lointain, ont beaucoup évolué et ont remplacé l'humanité comme espèce dominante. Ces légendes racontent l'évolution parallèle de la race humaine, à travers la lignée de la famille Webster et de leur robot Jenkins, et celle des chiens, qui acquièrent la capacité de parler suite à une expérimentation humaine et qui développent ainsi leur intelligence sociale au point de prendre le relais de l'humanité en déclin.

L'un des points saillants du livre, ce sont les notes critiques qui précèdent chaque nouvelle et relatent les débats philologiques qui agitent la communauté savante des chiens concernant la véracité et l'origine des légendes, et en particulier l’existence ou non de ces Hommes et leur lien avec la civilisation canine. Plusieurs chiens que l'on devine être des spécialistes de l’étude des légendes sont cités à plusieurs reprises et portent des visions très différentes : l'un prend au sérieux l'existence de cette humanité et considère que ces légendes constituent une vérité historique, quand un autre estime qu'il ne s'agit que de récits mythologiques écrits par des chiens pour expliquer leur origine. Ces courts chapitres fonctionnent comme un paratexte fictif particulièrement drôle pour les lecteurs humains contemporains que nous sommes.

Les deux premières nouvelles m'ont semblé un peu faibles mais les six suivantes sont absolument géniales, tout comme l’épilogue émouvant rédigé par l’auteur en 1973 et présent dans les éditions ultérieures.

À travers les huit nouvelles, Clifford D. Simak dépeint une humanité condamnée à réinventer la violence, la domination, les armes, et la guerre, et à disparaître pour laisser place à une civilisation canine qui saura faire mieux qu'elle, sur de nouvelles bases d'empathie, de pacifisme et de solidarité. La civilisation menée par les chiens du futur constitue en effet une Fraternité des animaux où le meurtre est interdit et où la communication entre les espèces est sacrée. C'est donc un récit à la fois pessimiste sur la destinée et la nature de l'espace humaine, et optimiste pour le vivant dans son ensemble.

Après avoir relu et beaucoup aimé les Chroniques Martiennes de Ray Bradbury, je suis heureux d’avoir poursuivi avec un autre classique de l’âge d’or de la science-fiction. Et quel classique ! J’ai adoré ce livre, et hormis ses deux premières nouvelles un peu plus faibles que les autres, la perfection n’est pas très loin.

Zéro Janvier@zerojanvier@diaspodon.fr

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