Sailing to Sarantium (Guy Gavriel Kay)

Sailing to Sarantium est un roman de Guy Gavriel Kay publié en 1998. Il s’agit du premier volet du diptyque intitulé The Sarantine Mosaic, qui prend place dans un univers de fantasy historique inspiré de l’Empire Byzantin.

The first part of The Sarantine Mosaic, Kay’s sweeping tale of politics, intrigue and adventure inspired by ancient Byzantium.

Rumored to be responsible for the ascension of the previous Emperor, his uncle, amid fire and blood, Valerius the Trakesian has himself now risen to the Golden Throne of the vast empire ruled by the fabled city, Sarantium.

Valerius has a vision to match his a glittering dome that will proclaim his magnificence down through the ages. And so, in a ruined western city on the far distant edge of civilization, a not-so-humble artisan receives a call that will change his life forever.

Crispin is a mosaicist, a layer of bright tiles. Still grieving for the family he lost to the plague, he lives only for his arcane craft, and cares little for ambition, less for money, and for intrigue not at all. But an imperial summons to the most magnificent city in the world is a difficult call to resist.

In this world still half-wild and tangled with magic, no journey is simple; and a journey to Sarantium means a walk into destiny. Bearing with him a deadly secret, and a Queen's seductive promise; guarded only by his own wits and a bird soul talisman from an alchemist's treasury, Crispin sets out for the fabled city from which none return unaltered.

Il faut d’abord préciser que le titre du livre est une référence directe au poème Sailing to Byzantium de W. B. Yeats, qui parle d’immortalité et de quête d’éternité à travers l’art. Au-delà du clin d’oeil appuyé à l’empire byzantin, cette référence au poème de Yeats est parfaitement cohérente avec les thèmes du roman que sont la mort, le deuil, la mémoire, et le rôle de l’art.

Le roman commence par un long prologue qui se déroule à Sarantium, dans les coulisses des intrigues pour la succession de l’empereur qui vient de mourir. C’est absolument passionnant et cela fait une parfaite entrée en matière dans l’univers imaginé par Guy Gavriel Kay. Nous sommes tout de suite plongés dans un décor à mi-chemin entre l’Empire romain d’Occident et son cousin d’Orient, l’Empire byzantin.

Après cet excellent prologue, le livre est composé de deux grandes parties très différentes mais qui fonctionnent très bien l’une après l’autre. On pourrait avoir l’impression de lire deux romans en un, mais l’ensemble a une cohérence, notamment portée par le personnage de Crispin dont nous suivons le voyage physique et l’évolution psychologique.

La première partie suit en effet le trajet de Crispin vers Sarantium pour répondre à l’invitation de l’empereur en vue de participer à la création de la mosaïque qui ornera le dôme du sanctuaire géant qu’il a fait construire. Le trajet qui n’est pas de tout repos, nous sommes dans un récit de voyage assez classique en fantasy, avec ses mésaventures et ses obstacles.

La seconde partie commence quand Crispin et ses compagnons de voyage arrivent à Sarantium. Nous y suivons la découverte par Crispin de la capitale de l’Empire, et sa plongée dans les intrigues de cour, les complots et les dangers propres à une capitale impériale.

En apparence, tout ceci pourrait paraître très classique, mais Guy Gavriel Kay a un talent incroyable pour décrire un décor fascinant et nous donner envie d’y plonger. J’aurais du mal à expliquer pourquoi cela fonctionne si bien, mais cela a sûrement à voir avec un souci du détail et le léger décalage avec le contexte historique dont le roman est inspiré : nous sommes au cœur de l’Empire byzantin, mais pas tout à fait. Tout semble cohérent, véridique, même si nous savons que nous sommes dans un monde de fiction.

L’auteur joue avec les clichés et les attendus de l’Antiquité, et nous n’échappons donc pas à l’inévitable course de chars. Une fois de plus, cela fonctionne parfaitement, la scène est spectaculaire et haletante, tout en permettant à la fois de décrire l’univers et de faire avancer le récit.

Dans un style moins spectaculaire, les questions religieuses sont très présentes, à la fois sur la foi individuelle et sur le rôle politique de la religion. Guy Gavriel Kay dépeint une pluralité de croyances : certains de ses personnages doutent, ont changé de religion dans leur vie, ou croient à plusieurs divinités de cultes différents. En parallèle, l’empire s’appuie sur l’église de Bad pour justifier sa domination sur les territoires conquis et les populations converties au culte officiel.

Guy Gavriel Kay signe une fois de plus un roman de fantasy historique remarquable et passionnant à lire. La plus belle preuve de l’effet qu’a eu sur moi ce roman, c’est qu’au cours de sa lecture j’ai acheté plusieurs livres d’histoire sur l’Empire byzantin, tant j’ai été envouté par l’ambiance de cette période.

Je vais désormais m’attaquer au second volet du diptyque, Lord of Emperors.

Zéro Janvier@zerojanvier@diaspodon.fr

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