The Last Light of the Sun (Guy Gavriel Kay)
The Last Light of the Sun est un roman de fantasy historique par Guy Gavriel Kay, publié en 2004 et inspiré de l'Angleterre du XIe siècle, à l'époque des invasions vikings.

From the multiple award-winning author of Ysabel, Tigana and A Song for Arbonne, this powerful, moving saga evokes the Celtic, Anglo-Saxon, and Norse cultures of a thousand years ago.
There is nothing soft or silken about the north. The lives of men and women are as challenging as the climate and lands in which they dwell. For generations, the Erlings of Vinmark have taken their dragon-prowed ships across the seas, raiding the lands of the Cyngael and Anglcyn peoples, leaving fire and death behind. But times change, even in the north, and in a tale woven with consummate artistry, people of all three cultures find the threads of their lives unexpectedly brought together…
Bern Thorkellson, punished for his father's sins, commits an act of vengeance and desperation that brings him face-to-face, across the sea, with a past he's been trying to leave behind.
In the Anglcyn lands of King Aeldred, the shrewd king, battling inner demons all the while, shores up his defenses with alliances and diplomacy-and with swords and arrows-while his exceptional, unpredictable sons and daughters pursue their own desires when battle comes and darkness falls in the woods.
And in the valleys and shrouded hills of the Cyngael, whose voices carry music even as they feud and raid amongst each other, violence and love become deeply interwoven when the dragon ships come and Alun ab Owyn, chasing an enemy in the night, glimpses strange lights gleaming above forest pools.
Le roman se déroule dans le même monde que les romans précédents de Guy Gavriel Kay, mais dans une autre région et à une autre époque. Il y a plusieurs allusions à des lieux et des personnages que le lecteur attentif reconnaîtra et apprécia sans doute : un médecin bassanide installé à Al-Rassan, une mosaïque représentant l’empereur Valerius III et son épouse, des débats théologiques sur les représentations divines, etc.
Ces clins d’oeil peuvent sembler anecdotiques, mais ils permettent de prendre conscience que les romans de Guy Gavriel Kay se déroulent dans le même monde. Chaque roman nous permet d’en percevoir une facette différente. Cela donne l’impression de découvrir une fresque historique au long cours.
Pour en revenir à ce roman, il met en scène trois peuples : les Anglcyn, les Erlings, et les Cyngael, incarnations respectives des Saxons installés en Angleterre, des Normands venus de Scandinavie, et des Celtes basés au Pays de Galles. Comme toujours, Guy Gavriel Kay multiplie les points de vue et il n’y a pas de gentil et de méchant, hormis un cas particulier sur lequel je reviendrai plus loin. IL y a seulement des hommes et des femmes que leurs histoires et leurs cultures ont mis face à face. Les trois peuples sont représentés par plusieurs personnages dont on suit le point de vue. Chaque lecteur, moi le premier, aura sans doute ses personnages préférés, mais cela n’empêche pas d’apprécier et de comprendre les autres.
Dans ce roman, Guy Gavriel Kay fait tout un travail sur les sagas nordiques et plus généralement sur la notion de récit. Il relate l’histoire en train de se faire, y compris les petits événements qui peuvent changer le destin d’une vie, d’une bataille ou d’un peuple. Il met en scène des personnages secondaires dont les actions d’apparence anodines ont une influence sur la « grande Histoire ». Le narrateur intervient parfois pour apporter ses commentaires sur les événements et sur la façon dont ils seront remémorés et racontés ultérieurement. Ainsi, l’auteur nous fait réfléchir à la façon dont les récits historiques sont construits, avec leurs biais et leurs angles morts.
Avant de conclure avec mon impression d’ensemble, je ne peux pas ne pas évoquer un point qui m’a gêné et qui est important à mes yeux. Parmi les nombreux personnages du roman, il y a un antagoniste qui est né albinos et malformé, et dont un autre personnage, un prêtre présenté positivement et qui représente la sagesse, dit qu’il est aussi “mauvais” physiquement que moralement et que les deux sont souvent liés. Autant dire que c’est un trope qui ne me plaît trop, que l’on a beaucoup vu à une époque mais qui me semble clairement dépassé pour un roman publié au début des années 2000. C’est la première grosse faute note, à mes yeux, dans un roman de Guy Gavriel Kay.
Malgré ce bémol, c’est un roman très agréable à lire : le récit est rythmé, les personnages sont bien écrits, et le monde mis en scène par l’auteur est crédible et inspirant. Ce n’est probablement pas le meilleur roman de Guy Gavriel Kay, à mes yeux en tout cas, mais c’est un roman de fantasy historique tout à fait honnête, notamment pour les lecteurs qui s’intéresse à l’Angleterre médiévale et aux incursions normandes.
Zéro Janvier – @zerojanvier@diaspodon.fr