Zéro Janvier

Chroniques d'un terrien en détresse – Le blog personnel de Zéro Janvier

Johann Chapoutot citait et recommandait ce livre dans Le Grand Récit que j'ai terminé récemment, et cela m'avait donné envie de le lire.

The year is 2393, and the world is almost unrecognizable. Clear warnings of climate catastrophe went ignored for decades, leading to soaring temperatures, rising sea levels, widespread drought and—finally—the disaster now known as the Great Collapse of 2093, when the disintegration of the West Antarctica Ice Sheet led to mass migration and a complete reshuffling of the global order. Writing from the Second People's Republic of China on the 300th anniversary of the Great Collapse, a senior scholar presents a gripping and deeply disturbing account of how the children of the Enlightenment—the political and economic elites of the so-called advanced industrial societies—failed to act, and so brought about the collapse of Western civilization.

In this haunting, provocative work of science-based fiction, Naomi Oreskes and Eric M. Conway imagine a world devastated by climate change. Dramatizing the science in ways traditional nonfiction cannot, the book reasserts the importance of scientists and the work they do and reveals the self-serving interests of the so called “carbon combustion complex” that have turned the practice of science into political fodder. Based on sound scholarship and yet unafraid to speak boldly, this book provides a welcome moment of clarity amid the cacophony of climate change literature.

Naomi Oreskes et Erik M. Conway, tous deux historiens des sciences, proposent un texte inclassable, entre science-fiction et non-fiction, le point de départ étant le suivant : et si un historien du futur racontait l'effondrement de la civilisation occidentale suite à la crise climatique ? C'est malin et très bien fait. Certains éléments sont des faits avérés dans notre passé commun, d'autres à venir sont imaginés, et comme le livre a été publié en 2014, il y a même des événements imaginés à l'époque dans le futur proche et tellement réalistes que je me suis parfois demandé si ce point en particulier était de la fiction ou pas.

L'effet est en tout cas saisissant quand on regarde tout cela à travers le regard d'un historien du futur : comment se fait-il que nous ayons conscience de ce qui se passe et de ce qui va nous arriver, mais que nous ne faisons rien collectivement ?

Zéro Janvier@zerojanvier@diaspodon.fr

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L'histoire n'est pas une réalité brute, mais surtout, le récit que l'on en fait, à l'échelle individuelle comme à l'échelle des groupes et des sociétés, pour donner sens au temps, au temps vécu, au temps qui passe. Jadis, le sens était tout trouvé : il avait pour nom(s) Dieu, Salut, Providence ou, pour les plus savants, Théodicée. À l'orée du XXe siècle, la lecture religieuse n'est plus crédible, dans le contexte de déprise religieuse qui caractérise l'Occident – l'Europe au premier chef. La question du sens (« de la vie », « de l'histoire »...) en devient brûlante et douloureuse, comme en témoignent les œuvres littéraires et philosophiques du premier XXe siècle, notamment après ce summum d'absurdité qu'aura constitué la mort de masse de la Grande Guerre. La littérature entra en crise, ainsi que la philosophie et la « pensée européenne » (Husserl).

On ne peut guère comprendre le fascisme, le nazisme, le communisme, le national-traditionnalisme mais aussi le « libéralisme » et ses avatars sans prendre en compte cette dimension, essentielle, de donation et de dotation de sens – à l'existence collective comme aux existences individuelles –, sans oublier les tentatives de sauvetage catholique ni, toujours très utile, celles du complotisme.

Au rebours de l'opposition abrupte entre discours et pratiques, ou de celle qui distingue histoire et métahistoire, il s'agit d'entrer de plain-pied dans l'histoire de notre temps en éclairant la façon dont nous habitons le temps en tentant de lui donner sens.

Avec ce livre publié en 2021, l'historien Johann Chapoutot signe un très beau livre d'histoire culturelle, autour de la notion de récit. C'est un texte érudit, passionnant, parfois même captivant, sur la modernité et notre rapport au temps et au récit. C'est aussi un plaidoyer pour l'histoire, pour la littérature, pour les ponts entre les deux, et en général pour les humanités, qui portent si bien leur nom.

Zéro Janvier@zerojanvier@diaspodon.fr

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Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? La question est légitime tant l’interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l’état d’urgence quasi permanent.

En se plaçant au-dessus des partis, Emmanuel Macron abuse d’une formule éprouvée depuis 1790 puis 1793, et lors de chaque crise politique française grave, en 1795, 1799, 1815, 1851, 1940, 1958 et finalement en 2017-2019. Le pouvoir exécutif, en la personne d’un sauveur, tente de supplanter le pouvoir législatif que l’on décrédibilise en exagérant son inefficacité ou son éloignement du peuple, au risque de fragiliser la démocratie représentative. En adoptant la modération, celle du juste milieu, qui est censée réparer les excès des députés, un centre politique, semblable et différent selon les générations, s’invente lors de chaque crise. La saison des tourne-veste répète les mêmes recettes depuis deux cent trente ans, de 1789 à 2019.

La vie politique française, malgré ce qu’en dit toute une tradition historiographique, n’est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche, mais par un poison: celui d’un extrême centre, flexible, prétendu modéré mais implacable qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer vers la république autoritaire. Le macronisme n’est pas une Révolution : c’est une vieille histoire.

Pierre Serna, historien de la Révolution française, proposait en 2019 une généalogie historique, de 1789 à 2019, de l'extrême-centre, ce poison français qui jaillit dans les moments de crise.

Le propos est limpide et convaincant. On rêverait même d'une seconde édition en 2024, actualisée avec l'évolution de la pratique macroniste du pouvoir depuis 2019, qui n'a fait que donner raison aux éléments apportés à l'époque par Pierre Serna.

Zéro Janvier@zerojanvier@diaspodon.fr

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Cela faisait plusieurs mois (années ?) que ce livre me tentait, et j'ai enfin pris le temps de lire “La nuit des prolétaires, archives du rêve ouvrier” de Jacques Rancière, dans lequel il raconte et étudie la littérature ouvrière du XIXe siècle, entre désir d'émancipation et recherche esthétique, ainsi que les expériences saint-simoniennes, fouriéristes, associatives, et icariennes.

Tout commence à la tombée de la nuit quand, dans les années 1830, un certain nombre de prolétaires décident de briser le cercle qui place le sommeil réparateur entre les jours du salaire : cercle d’une existence indéfiniment vouée à entretenir les forces de la servitude avec celles de la domination, à reproduire le partage qui destine les uns aux privilèges de la pensée, les autres aux servitudes du travail. Le rêve éveillé de l’émancipation ouvrière est d’abord la rupture de cet ordre du temps qui structure l’ordre social, l’affirmation d’un droit dénié à la qualité d’être pensant.

Suivant l’histoire d’une génération, ce livre met en scène la singulière révolution intellectuelle cachée dans le simple nom de « mouvement ouvrier ». Il retrace ses chemins individuels et collectifs, ses rencontres avec les rêves de la communauté et les utopies du travail nouveau, sa persistance dans la défection même de l’utopie.

La prose de Jacques Rancière est jolie mais pas toujours très abordable, il faut s'accrocher pour suivre son propos et j'ai parfois eu du mal à rester concentré. Les chapitres sont longs, Jacques Rancière ne prend pas toujours la peine d'expliciter le contexte et les idées présentées. C'est ce qui me donne un sentiment mitigé en refermant ce livre : j'ai l'impression d'être passé à côté de beaucoup d'éléments, sans doute passionnants, dans ce long texte parfois à la limite de l'occulte pour le non-initié que je suis.

Zéro Janvier@zerojanvier@diaspodon.fr

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Quand l’État recule, la forme Commune s’épanouit. Ce fut le cas à Paris en 1871 comme lors de ses apparitions plus récentes, en France et ailleurs. Les luttes territoriales contemporaines, comme la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes ou les occupations de chantiers de construction de pipelines en Amérique du Nord, ont remis à l’ordre du jour des formes d’appropriation de l’espace social. Elles ont façonné de nouvelles manières politiques d’habiter qui agissent pour interrompre la destruction de notre environnement. Mais elles ont également modifié notre perception du passé récent et donné de nouveaux noms à ce que nous voyons aujourd’hui, aiguisant notre compréhension du présent. Les luttes au long cours pour la terre des années 1960 et 1970, comme le Sanrizuka au Japon ou le Larzac, apparaissent désormais pour ce qu’elles sont : des batailles déterminantes de notre époque.

Pour Kristin Ross, les processus pragmatiques et non accumulatifs qui fondent l’existence concrète de la vie de la commune – défense, subsistance, appropriation, composition et complémentarité des pratiques, solidarité dans la diversité – constituent des éléments cruciaux de ce que Marx appelait « la forme politique de l’émancipation sociale » et que Kropotkine considérait comme la condition nécessaire de la révolution et de son accomplissement.

Dans ce très joli et enthousiasmant essai, Kristin Ross dresse des parallèles entre la Commune de Paris, la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, et d'autres expériences de luttes locales depuis les années 1960 et 1970. Elle en tire des leçons sur la “forme-Commune”, cette forme de lutte ancrée sur un territoire où les personnes en lutte se réapproprient à la fois un espace, leur mode de vie et leur mode d'organisation en commun. Le texte est court et je l'ai trouvé absolument passionnant du début à la fin.

Zéro Janvier@zerojanvier@diaspodon.fr

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Difficile de résumer cet essai de Kristin Ross, tant il est riche, dense, et parfois un peu confus.

William Morris, Élisée Reclus, Pierre Kropotkine : ce ne sont pas les premiers noms qui viennent à l'esprit s'agissant de la Commune de Paris. S'ils tiennent dans ce livre un rôle important, c'est que pour Kristin Ross, la Commune déborde l'espace-temps qui lui est habituellement attribué, les 72 jours écoulés et les fortifications sur lesquelles elle a combattu. L'Imaginaire signifie que cet événement révolutionnaire n'est pas seulement international mais qu'il s'étend bien au-delà du domaine de la politique, vers l'art, la littérature, l'éducation, la relation au travail. Ce n'est pas un hasard si les trois personnages principaux du livre sont un poète-artiste, un géographe et un scientifique-anarchiste russe : la Commune n'est pas un simple épisode de la grande fable républicaine, c'est un monde nouveau qui s'invente pendant ces brèves semaines, un monde qui n'a pas fini de hanter les uns et d'inspirer les autres.

L'autrice revient sur l'expérience de la Commune de Paris, elle montre notamment que cette insurrection révolutionnaire n'est pas sortie de nulle part mais était le produit de débats et de réflexions qui agitaient les milieux radicaux depuis plusieurs années. Elle étudie également comment cette expérience a ensuite nourri la réflexion de plusieurs auteurs, dont Karl Marx, Elisée Reclus, William Morris, et Pierre Kropotkine.

J'ai parfois eu du mal à suivre la logique d'ensemble du texte, mais paradoxalement j'ai tout de même trouvé cela diablement intéressant.

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« Nous dressons nos campements de solutions durables. Nous manifestons, nous bloquons, nous adressons des listes de revendications à des ministres, nous nous enchaînons aux grilles, nous nous collons au bitume, nous manifestons à nouveau le lendemain. Nous sommes toujours parfaitement, impeccablement pacifiques. Nous sommes plus nombreux, incomparablement plus nombreux. Il y a maintenant un ton de désespoir dans nos voix ; nous parlons d’extinction et d’avenir annulé. Et pourtant, les affaires continuent tout à fait comme avant – business as usual. À quel moment nous déciderons-nous à passer au stade supérieur ? »

Confrontant l’histoire des luttes passées à l’immense défi du réchauffement climatique, Andreas Malm interroge un précepte tenace du mouvement pour le climat : la non-violence et le respect de la propriété privée. Contre lui, il rappelle que les combats des suffragettes ou pour les droits civiques n’ont pas été gagnés sans perte ni fracas, et ravive une longue tradition de sabotage des infrastructures fossiles. La violence comporte des périls, mais le statu quo nous condamne. Nous devons apprendre à lutter dans un monde en feu.

Dans cet essai d'environ cent cinquante pages, l'universitaire et écologiste radical Andreas Malm mène une réflexion très bien argumentée sur les moyens d'action à la disposition des activistes pour le climat et pose notamment la question de l'usage de la violence contre les biens, c'est-à-dire le sabotage des installations et infrastructures écocides. L'auteur suédois a son avis sur la question mais prend le temps de poser les arguments pour et les objections, avec ce qu'il faut de nuance pour expliquer son propos.

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Il s’agit du deuxième livre consécutif d'Andreas Malm que je lis, et c’est une deuxième lecture à la fois plaisante et enrichissante.

Le début de la décennie semble marqué par une accélération de l’histoire de la relation des hommes à la Terre. Alors que les conséquences du dérèglement climatique, de l’Australie au Kenya, prenaient la forme de méga feux, de cyclones et de nuages de criquets ravageurs, le Covid-19 est venu frapper comme un éclair plus de la moitié de la population mondiale. Rapidement, les mesures de confinement prises par les gouvernements du monde entier ont cependant laissé entrevoir des effets inattendus : les émissions carbones chutaient drastiquement et la nature semblait reprendre un peu de ses droits jusque dans les villes. Et si la crise sanitaire était une opportunité pour la lutte contre le réchauffement terrestre ?

Dans ce court essai, Andreas Malm prend la question à bras-le-corps. Il explique que les deux phénomènes sont biologiquement liés. On sait depuis un moment qu’une des causes premières des contagions zoono- tiques (de l’animal vers l’homme et vice-versa) est la déforestation qui détruit la biodiversité... et accélère la concentration de CO2 dans l’atmosphère. Ensuite, si le virus s’est propagé à une telle vitesse sur le globe, c’est qu’il a emprunté les circuits de l’économie fossile : des routes qui s’enfoncent toujours plus profondément dans les forêts, aux cargos et aux avions, véritables autoroutes virales. Malm décrypte les mécanismes par lesquels le capital, dans sa quête de profit sans fin, produit de la pandémie comme de l’effet de serre, sans fin.

Mais l’analogie a aussi ses limites. Malm rappelle que la crise sanitaire et économique provoquée par le Covid- 19 s’est accompagnée dès le départ de la promesse d’un « retour à la normale » – et donc à la hausse continue des températures. Si l’énergie déployée par les États pour combattre l’épidémie contraste tant avec leur inaction en matière climatique, c’est aussi qu’elle a touché en plein cœur les métropoles des pays développés, et que personne n’a intérêt à la voir perdurer. Le virus n’est pas, à la différence du CO2, un coefficient du pouvoir et de la richesse. Un tout autre antagonisme pèse sur le climat : un antagonisme social. On sait à présent qu’il est possible d’arrêter, même temporairement, le business-as-usual. Mais dans « le monde d’après-covid-19 », les méthodes bureaucratiques ne suffiront pas à éviter la catastrophe : il faudra des méthodes révolutionnaires. Sans quoi nous serons condamnés à survivre sur une « planète fiévreuse habitée par des gens fiévreux ».

Dans cet essai de deux cent pages, publié en 2020 en pleine pandémie de Covid-19, l'universitaire et écologiste radical suédois dresse d'abord des parallèles entre pandémie de coronavirus et crise climatique, à la fois sur leurs causes et sur les moyens d'y répondre. Il aborde ensuite la problématique d'urgence chronique à laquelle nos sociétés font face et vont de plus en plus devoir faire face, avant d'envisager une stratégie, inspirée du communisme de guerre théorisé et mis en pratique par Lénine.

Je ne sais pas si j'ai été convaincu à 100% par tous les arguments d'Andreas Malm, mais c'est clairement une contribution intéressante aux débats et aux questions qui se posent à nous, citoyens d'un monde sur une pente mortifère.

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Dans cet essai brillant, l'universitaire et militant écologiste radical Andreas Malm étudie et fait la critique du concept d'anthropocène, cette période géologique qui se caractérise par les effets de l'action humaine sur son environnement.

Du delta du Nil aux cercles polaires, le constat est effrayant : la Terre se réchauffe dans des proportions qui nous mènent aujourd’hui au seuil de la catastrophe. Le concept d’Anthropocène, s’il a le mérite de nommer le problème, peine à identifier les coupables et s’empêtre dans le récit millénaire d’une humanité pyromane. Or si l’on veut comprendre le réchauffement climatique, ce ne sont pas les archives de « l’espèce humaine » qu’il faut sonder mais celles de l’Empire britannique, pour commencer. On y apprend par exemple que dans les années 1830 la vapeur était, aux mains des capitalistes anglais, un outil redoutable pour discipliner la force de travail et une arme de guerre impérialiste ; on y suit la progression fulgurante de la machine mise au point par James Watt qui supplante en quelques années la force hydraulique – pourtant abondante et moins chère – dans l’industrie textile anglaise.

En puisant dans les sources de l’histoire sociale, ce livre raconte l’avènement du « capital fossile », ou comment la combustion ininterrompue de charbon a permis de repousser les limites de l’exploitation et du profit.

Il faut couper la mèche qui brûle avant que l’étincelle n’atteigne la dynamite, écrivait Walter Benjamin dans un fragment célèbre, « Avertisseur d’incendie », où il insistait sur la nécessité d’en finir avec le capitalisme avant qu’il ne s’autodétruise et emporte tout avec lui. Pour Andreas Malm, on ne peut pas mieux dire l’urgence contemporaine de défaire l’économie fossile par des mesures révolutionnaires.

La principale critique que l'auteur fait à ce concept, c'est qu'il a tendance à considérer l'humanité d'un seul bloc et donc à masquer les véritables responsables, les véritables coupables.

Dans les deux premiers chapitres, dans lesquels il raconte la révolution industrielle et l'essor de l'Empire britannique au XIXe siècle, il désigne le coupable du changement climatique : le capitalisme fossile. La thèse d'Andreas Malm, plutôt convaincante à mes yeux, est que le capitalisme tel que nous le connaissons est indissociable de l'extraction des ressources fossiles et d'une croissance incessante de cette exploitation. Il l'explique notamment par la volonté des capitalistes de disposer de ressources dont ils peuvent disposer à leur guise, que ce soit le charbon, facilement stockage et transportable, contrairement aux énergies renouvelables dépendant de facteurs météorologiques, mais aussi de main d'oeuvre peu coûteuse que l'on peut regrouper dans de grandes usines urbaines.

Le troisième chapitre, où l'auteur ébauche une étude des représentations du capitalisme fossile dans la littérature de fiction, est intéressant quoiqu'un peu déroutant.

Enfin, dans le quatrième et dernier chapitre, Andreas Malm cherche à qualifier les différentes façons dont peuvent s'articuler crise climatique et révolution (ou contre-révolution), à travers des exemples plus ou moins récents, et des réflexions où il s'appuie notamment sur la pensée de Lénine. C'est le moment où il cherche à entrer un peu plus dans des questions stratégiques et concrètes, et c'est plutôt stimulant.

Zéro Janvier@zerojanvier@diaspodon.fr

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There's a resurgent labor movement in the tech industry. Tech workers-designers, engineers, writers, and many others-have learned that when they stand together, they're poised to build a better version of the tech industry. They haven't stopped at companies from Kickstarter to Google, workers have formed unions. And you should, too.

But what are unions? And why do they matter? Ethan Marcotte answers these questions through extensive research and by interviewing tech workers with real-world union-building experience. Ethan shares these workers' insights and stories, weaving them together to outline the process for forming a union of your very own. Because you-yes, you-deserve a tech union.

Dans cet essai, Ethan Marcotte lance un appel pour développer l'activisme et le syndicalisme dans le secteur de la tech, en expliquant les raisons pour lesquelles c'est important pour lui, comment cela se passe concrètement, et ce que nous pouvons en espérer.

Sur les aspects pratiques et légaux, le propos est clairement centré sur la situation américaine, ce que l'auteur admet volontiers comme il parle de ce qu'il connait, mais les concepts restent applicables partout et surtout, cela ne constitue qu'une partie du livre.

J'ai dévoré ce court livre en une grosse journée, c'est un texte à la fois enthousiasmant et mobilisateur. Si je n'étais pas déjà syndiqué, je pense que je serais désormais décidé à l'être !

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